Anglicana


Allocution de l’Archevêque au Symposium de «Willebrands» à Rome

Jeudi 19 novembre 2009

Aujourd’hui, l’Archevêque de Canterbury prononce un discours à Rome, en qualité d’invité du Conseil pontifical de promotion de l’unité des chrétiens. L’allocution fait partie d’un symposium tenu à l’Université grégorienne pour célébrer le centenaire de la naissance du cardinal Willebrands, premier président du Conseil.

L’archevêque de Canterbury Rowan Williams lance un défi œcuménique à Rome. Chapeau! Et voyez ce qu’on en dit sur le blogue du 4 février 2010. (Le texte original anglais se trouve à l’adresse URL suivante.)

Ci-dessous, le texte complet de l’allocution, gracieuseté de Lys Vert :


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Précédant [...] santé et son intégrité?

1.
Le compte rendu de ce que j’appelle une véritable doctrine théologique de l’Église est un des aspects les plus fascinants des journaux écrits durant le 2e Concile du Vatican par des figures comme Willebrands et Congar. Une partie de ce que Vatican II a rejeté est une manière de parler de l’Église principalement comme une institution qui existe à cause d’un décret divin, gouvernée par une prescription du Seigneur, qui administre fidèlement les sacrements ordonnés par lui pour le salut des âmes — « une société externe visible dont les membres, sous une autorité hiérarchique dirigée par le pape, constituent avec lui un corps visible qui tend vers le même but spirituel et surnaturel, soit la sanctification des âmes et leur bonheur éternel » (Pietro Palazzini, s.v. ‘Église (Société)’ dans le Dictionnaire de Théologie Catholique, éd. F. Roberti et P. Palazzini, publié en 1957). Mais ce qui manque dans ce compte rendu est une explication réelle de la manière dont la nature et le caractère, voire la politie de l’Église sont fondés sur la nature de Dieu et l’incarnation de Dieu dans l’histoire, et façonnés par celles-ci. Une compréhension théologique de l’Église ferait ce lien.

Un aspect frappant du document Récolter les fruits du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, signé par notre cher et respecté ami Walter Kasper, est le lien intégral entre ce qui est dit au sujet de la nature de Dieu et ce qui est dit au sujet de l’Église, de sa mission et de son ministère. Tous ces dialogues, semble-t-il, ont été profondément influencés par le nouveau style de l’ecclésiologie enracinée dans Vatican II de même que par le travail de Willebrands et de ses collègues. Or il vaut la peine de mentionner la façon dont ce nouveau style est analogue à d’autres dialogues œcuméniques, notamment le document anglican-orthodoxe The Church of the Triune God (L’Église du Dieu Trine).

En gros, ça ressemble à peu près à ceci : Dieu est éternellement une vie de triple communion. Et si les êtres humains ont à être réconciliés avec Dieu et de nouveau capables de ce pour quoi ils sont faits, ils doivent être inclus dans cette vie de communion. L’incarnation de Dieu le Fils recrée chez l’humain la possibilité d’une relation filiale avec le Père, l’humain qui se tient à la place du Christ et prie sa prière; seul l’Esprit Saint, [...] Suite

Dieu déifie notre nature, quoiqu'il ne l'incorpore pas à lui-même, il en fait sa demeure indissociable…

Richard Hooker